Rh numéro 19, c'est aussi le lancement officiel du site dont la plupart de mes fidèles membres n'en connaissent pas encore l'existence.
Bienvenue à tous donc, je vous souhaite en tant que directeur une bonne navigation, j'espère que vous saurez en apprécier la souplesse d'utilisation ainsi que sa diffusion facile...
Ou va t-on vous conduire aujourd'hui?
La surface terrestre reste notre plan de référence, mais comme souvent dans un bon RH, il convient de s'en éloigner un peu, parfois bien en profondeur dans quelques criques espagnoles, parfois avec un peu
de hauteur, à pied ou comme ce matin sur de drôles de machines!
15 jours d'orages, pluie tous les jours, les nerfs à bloc, le retour du beau temps ne se fête pas dans les boutiques à faire les soldes.
MOTEURS:
Les conditions à 8h au réveil vont d'entrée fixer de quelle activité nous allons traiter.
Pas un souffle d'air, le service web météo n'annonce rien de fort concernant l'aérologie, et la Balise des Angles est en nord est.
Le parapente dans la voiture, je file rejoindre Antoine.
Observations multiples, le lac lisse comme un miroir, premier barbule ( nuage en formation) sur le Llaret, il se prépare quelque chose de bon à première vue...
Un petit thé le temps de laisser le soleil nous chauffer le dos et nous voilà en route vers les pistes.Marche ensuite jusqu'au déco.
Pas de surprises, brise de pente qui va bien, air chaud et sec qui remonte la vallée jusqu'à nous.
Je vais essayer d'expliquer quelques aspects du vol libre, afin que les non pratiquants soit 93% des membres ressortent de là avec quelques notions, c'est le but aussi d'un RH.
Pour voler, à l'exception des plus légers que l'air (ballons, montgolfières...), tout aéronef a besoin de vitesse afin de créer une portance sur ses surfaces portantes aux formes bien spécifiques.
Ainsi, le moteur donne à l'avion cette vitesse qui lui permet le vol horizontal, monter et même décoller en parfaite autonomie.Pour avoir cette vitesse, un planeur un delta ou un parapente et obligé de voler sur un profil descendant.
Il doit donc évoluer dans de l'air en mouvement, ascendant de préférence s'il ne veut pas se contenter de descendre rejoindre le sol comme une feuille de papier, même si un vol de ce type, un plouf , est déja ô combien agréable.
C'est d'ailleurs ce que vous ferez dans la plupart des cas lors d'un baptême dans une des trois disciplines citées plus haut...
Deux solutions principales pour rester en l'air:
Il y à du vent météo, régulier, 20 ou 30 km/h, et ce dernier rencontre un relief, colline, montagne.Comme il ne peut pas passer à travers, il contourne ou bien il passe par dessus.C'est un dynamique.
Si vous arrivez à vous trouver dans cet air qui monte, c'est gagné.Facile à exploiter, il ne permet pas en revanche de s'éloigner car phénomène local au contact du relief.
Deuxième solution, pas de vent mais des bulles d'air chaud qui montent du sol.Le soleil chauffe le sol, au bout d'un moment cette masse d'air en contact s'élève par différence de température avec l'air environnant, cela se nomme un
thermique.
L'air est invisible, c'est là que l'être humain devient vite limité, c'est là qu'une science extraordinaire d'observations, de théories plus ou moins douteuses et de réflexions commence...
Et c'est là aussi, à quelques secondes prés que les vautours et autres maîtres des airs viennent mettre tout le monde d'accord!
Ces thermiques donc, sont le meilleur moyen de s'élever et surtout de se déplacer par la suite.Ce sont des colonnes d'air de forme plus ou moins cylindrique et assez étroites.
Les deux phénomènes peuvent se compléter, vous êtes alors en condition thermodynamique.
Aujourd'hui, nous ne sommes pas là pour faire un plouf et restons assis une heure au déco afin que les conditions soient assez fortes pour espérer tenir un peu en l'air et pourquoi pas partir un peu loin en cross.
Pour l'instant c'est l'observation, clé de toute décision, voler ou pas, tenir ou descendre, calme, volable,ou combat de boxe, tout se décide avant, une fois en l'air il est trop tard.
Un rapace à hauteur du déco arrive de gauche et traverse devant nous à grand coups d'ailes.Ce n'est pas bon signe, il vole au moteur.Voyons ce qu'il va faire au dessus des gros rochers à droite.
Dans un premier temps il cesse de battre des ailes puis s'élève franchement avant de virer dans une spirale sans fin qui a pour but de ne pas sortir de la fameuse colonne d'air chaud dans laquelle il est en train de monter comme un
ballon de foire que l'on lâche et qui monte ensuite trés haut dans le ciel pour ne plus être visible à l'oeil nu.
Nous avons au moins la preuve qu'il y à des bonnes choses en l'air et qu'il faut à présent aller essayer d'imiter au mieux le rapace, au pire le ballon de foire même si l'on y perd un peu en grâce et en performances...
Nous voilà en l'air et le ton est donné aprés 20 secondes de vol suite à une méchante fermeture.Partie plus ou moins importante de l'aile qui se referme...
Ensuite mauvais tabac puisque ça descend plus que prévu et les cîmes des arbres assez proches rendent complexes les 360° pour exploiter une bulle qui monte par ci par là.
Petite montée qui permet de revenir sous le déco jouer le dernier jeton.Bingo, un gros thermique me permet d'avoir un peu d'eau sous la quille et de tenter de rejoindre Antoine vers le lac.
Mais là, mauvaise option puisque ça descend à nouveau et je me trouve alors bien en dessous de lui.
Retour sur le relief à nouveau malgré des conditions fortes pour raccrocher une pompe.
Là, c'est tout bon puisque un autre thermique me permet en une seule montée d'atteindre une altitude que j'ignore encore.
Il est vrai que je spirale depuis un petit moment pour rester dans la colonne mais soudain je suis à l'ombre, il fait froid et l'air d'un coup est humide???
je suis montée jusqu'au bout de l'ascendance qui souvent se termine par un nuage, un cumulus.
Fréquent en planeur, c'est un peu plus tendu sous un parapente, les pieds dans le vide et l'air dans le visage.
Mon altimètre confirme les sensations et la vue que découvre peu à peu, je suis à 3250m soit 1300m au dessus du déco.
Et oui là on fait moins le malin, surprise de voir si bien la chaine presque jusqu'au Pic du Midi, le Carlit semble si bas et il est si long à monter autrement que par les airs.
Calme qui me convient, rien à voir avec le combat suite au déco, ici c'est presque repos
et je ne résiste pas à sortir l'appareil, RH oblige sans quoi ces ligne n'avaient pas autant d'intérêt.
Tout semble plat, l'impression d'avoir déplié une carte à mes pieds, mais je ne suis pas en train de bidouiller sur Google earth et c'est un immense bonheur que d'être là.
Cruelle envie de couper les fils et plonger, plus sérieusement, le vent au sol se renforce sévère vu l'état du lac et il me faut activer la descente sous peine de sanction une fois prés de la pelouse.
La météo change trés vite, le vent au déco passe d'un coup en sud ouest et Antoine se trouve donc sous le vent pour poser.
Je prends donc l'option de m'éloigner le plus possible afin d'y échapper.Pas simple non plus de poser , vent assez fort mais sain.
25 minutes avant à plus de 3000m, je me trouve à présent dans une prairie bien grasse, le chant des oiseaux et tous les bruits des insectes à mes pieds.Deux éléments si opposés en si peu de temps.