Objet : RH n°18: Affaire Lynx, suite et presque fin...

Bonsoir à tous.
J'ai hésité à donner comme nom " URGENT ELECTIONS " à ce 18 ème RH mais j'ai eu peur qu'il ne
finisse à la corbeille sans même être ouvert...
Certains d'entre vous ont consuté le lien vers le site pour lire le n°17.
Désormais le RH a un site, vous pouvez le noter :
www.regional-historic.com
Pour le moment, 4 anciens numéros sont en ligne.
Je dois me pencher sur la suite pour en faire un site qui ressemble à quelque chose.
Tous mes remerciements au zèbre qui m'a aidé à éclaircir ce nouveau concept...
Tous vos conseils sont utiles et bienvenus !
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Affaire Lynx donc.
Cette histoire a 5 ans jour pour jour, les plus anciens du RH en ont une vague idée mais c'est
pas si simple que ça.
Essayons de résumer en quelques lignes, puisque c'est du grand RH comme on aime,
du RH qui commence serieux et se termine en perte totale de contrôle...
MOTEURS, CA TOURNE :
1986, un hélicoptère Lynx de l'armée anglaise s'écrase dans le massif du Carlit alors qu'il
se rendait à St Léocadie en stage.
L'épave reste sur place, pour des raisons d'accès en partie.
Et ce n'est pas une chasse au trésor semblable à celle du Malabar Princess dans les
années 50 ( livre Crash au Montblanc ) qui commence.
En effet, en 20 ans, personne n'a eu l'idée d'aller chercher quoi que ce soit là haut à 2700m.
Et comme il n'y à pas le glacier des Bossons pour recracher de temps à autre une roue,
un hublot, ou une gouverne, seule l'équipe du RH pouvait s'y pencher.
La philosophie de cette mission est assez complexe.
5 ans d'effort, sous la neige, la pluie, des caisses à outils, des treuils, des cables, un traineau,
il y à de quoi construire une maison avec l'énergie que l'on a laissé là haut.
Cette mission ne va rien rapporter, ce n'est pas l'argent qui nous fait monter là haut.
Sinon d'y laisser la santé!
Quelques bouts de titane dans la maison par ci par là. Comme ce porte papier toilette de 22kg,
on ne peut plus tendance...
C'est dûr à expliquer, mais ne soyons pas trop précis au risque de passer
pour des fous !

C'est avec Floran en 2002 que nous commençons les travaux.

L'ensemble rotor boite ainsi que les turbines se trouvent dans cette gorge étroite, sous le sommet.
Plusieurs problèmes se posent :
- ben déja faut y monter, et oui même si cela parait bête.Demandez à quelqu'un de monter au Carlit avec
une caisse à outils Facom dans le sac, c'est déja bien. Ensuite, demandez lui de bosser 4 ou 5
heures les mains dans la neige, il va déja moins bien...
- le problème de la pente. Pas facile de travailler pendu là, tout menace de partir à chaque instant...
- mais surtout, quand vous comptez, le cric hydraulique, les sangles, le marteau... et bien y'à plus de place
pour prendre à manger et 3 fois sur 4 on rentre pas beaux à voir en hypo total !

C'est un des 4 bras bleus qui a fini comme porte papier toilette...

Comme vous l'avez sans doute imaginé, le but dans un premier temps c'est
de descendre l'ensemble plus bas pour pouvoir y bosser sans y laisser la peau.
Et puis plus c'est bas, moins on a à marcher à chaque fois pour y venir.
Il y à bien 10 ou 15 épisodes rien que pour ça...
Vu la masse du bazard, une fois en bas de la combe, il a falu réfléchir à un système
pour aller plus loin.

La séparation du rotor et de la boite furent une belle victoire, mais pas de quoi
prendre un morceau sous chaque bras jusqu'à la voiture...
Le bureau d'études du RH s'est donc penché sur le problème.

Comme nous sommes encore à la recherche de gens serieux, à l'époque, nous avions fait au mieux.
Et ce soir je rigole un peu en me voyant appliquer soigneusement du fart sur les skis. D'une part
à cause de l'état des skis, et d'autre part, ce traineau a servit il y à trois jours à peine, soit
4 ans plus tard.
Vous imaginez l'état du fart aprés avoir passé 4 ans dehors à 2700m...

Là, désolé, ce n'est plus vraiment serieux mais bon...

Là c'est pas mieux

Et là...

Au final, fût décidé de descendre une des deux turbines.
Il s'est posé un problème qui a fait perdre 3 années. La turbine se trouve au fond d'une combe.En hiver, il peut
y avoir 8 ou 9m de neige.J'y suis monté plusieurs fois, plus rien ne dépasse, même les plus gros rochers...
Aux premières neiges d'automne, trés vite les creux sont comblés de neige et il est impossible de retrouver
quoi que ce soit.
L'erreur c'est de s'être fait coincer 3 automnes.
Parce que l'on ne peut pas être là haut tout le temps, " il faut que j'y monte... ", la neige arrive bien trop tôt et
repousse à chaque fois d'un an !!!
Automne 2006 :
Je contacte Fabien d'urgence.
Il nous faut monter, cela ne peut plus attendre.
Ainsi, lors d'une matinée bien agréable, nous avons posé la turbine sur une épaule rocheuse
qui n'est pas en neige même en hiver. De même pour le traineau un peu plus bas.
Restait plus qu'à attendre l'hiver pour descendre le tout.
Hélas, comme chacun sait, il n'y a pas eu d'hiver. Et rassurez vous, le plus grave, ce n'est pas pour la turbine...
Mois d'avril, en fin la neige est là.
La semaine dernière, je monte en mission spéciale, en skis, afin de renforcer le traineau qui n'est plus en trés
bonne santé.
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Lundi dernier, la journée la plus éfficace de l'affaire Lynx a eu lieu.
J lou ayant fait le déplacement pour l'occasion.
Réveil peu ordinnaire puisque nous vivons la première journée avec notre nouveau
président, nous sommes au lendemain des élections.
Le radio réveil ne parle que de retour de la dictature, je trouve bien agité ce lundi matin.
Il ne faudrait pas qu'un barrage routier nous empêche de mener à bien notre tâche...

De barrage nous ne trouvons que celui-ci et le ciel est aussi bleu que sous Chirac à première vue.
La neige fraiche d'il y à 2 jours semble parfaite, alors ne nous plaignons pas!

Et c'est même fantastique pour un 7 mai, à notre grande surprise, nous partons pas trés loin de
la voiture à skis.

La neige est trés bonne et porte bien.
Vent de nord ouest trés fort, les lenticulaires ne sont pas là par hasard, il ferait bon en planeur...

Une sacré ambiance, nous passons la journée dans la partie " sous le vent du foehn", le ombres des
nuages filent sur le sol à grande vitesse, c'est trés beau.

Lorsque je suis monté il y à une semaine, j'ai commencé à rapprocher le traineau de la turbine
puisque nous devions y monter rapidement. Faute grâve !!!
Le mauvais temps qui a suivit a décalé d'une semaine mais surtout a recouvert le traineau de plus d'un mètre
de neige et il est désormais introuvable, une fois de plus...
Aprés un petit repas assis sur un rocher, je passe 45mn à sonder la zone sans résultat.

Le moral est bas, si prés du but et tout tombe à l'eau.

Pendant ce temps, J lou a fait rouler la turbine. Elle s'est tranformée en une énorme boule de neige,
de la taille d'une voiture sans permis, si bien que pendant quelques seconde nous pensions ne plus la
retrouver elle aussi !!!
Heureusement, elle s'est désintégré avant de s'arreter.

Voici donc le poele...

Sans traineau, nous tentons quelques solutions sans résultat là aussi.

Et à nouveau, un grosse boule de neige.
Impossible de porter, à bout de bras, il y à environ 150kg de métal.

Retour à le recherche du traineau.
Nous avons un nouveau président mais les instituts de sondage tournent à plein régime...
La persévérence finit par payer, ma sonde sonne creux, elle vient de toucher le bois du traineau.

C'est bien sous plus d'un mêtre de neige que je le retrouve.

Un beau trou, rien à dire!

C'est la première fois que les deux se rencontrent, image qui fait vibrer un peu
tout de même, avec toute la sueur que l'on a laissé ici.
Le ski du milieu est à J lou, c'est le moins en forme, plus ancien aussi, il s'ouvre un peu comme
un livre.Des Lacroix
Encadré par mes deux Atomic des années yéyé, 1992...Les mercredis aprem à faire les zouaves
aprés le Lycée au lieu de faire les devoirs.
Pas étonnant que l'on soit dans des plans pareils aujourd'hui, ah là là.
On a toujours le sourire, c'est chose sûre!
C'est Pascal qui va trembler en les voyant, il a jeté les siens je crois.

20 ans dans l'eau et la neige, mais le tiane ne rouille pas.
Cette turbine équipe donc le Lynx, c'est une Rolls-Royce GEM-42 de 1015 chevaux.
Le premier vol du Lynx a eu lieu en 1971.

Une fois le chargement vérifié, le convoi démarre.
Les premiers mètres n'ont pas été triste pour retenir le tout dans autant de pente...

Peu à peu la technique est bonne.
Le plus dûr etant de franchir les plats ou les petites montées.

Il est un peu tard dans l'aprés midi et la neige devient lourde.
Le traineau se bourre de neige devant.
Un recentrage arrière compensera en partie l'affaire.

Le morceau non stop le plus long, fantastique.
On critique souvent les médias mais on est quand même heureux de pouvoir revivre tous cela en image!!!

Là c'est le pire de l'aprem.
Afin de lui dégager le museau, je m'instale dessus et tente la descente comme ca.

Assez efficace malgré tout.
Il faut juste souhaiter que personne n'ait assisté à le scène.
Au bout d'un moment, la neige trop lourde et l'épuisement nous obligent à laisser
l'ensemble.
Mais c'est une vrai réussite, il n'est plus qu'à 40mn de la voiture et le plus dûr est fait.
Nous continuons donc sans lui, juste pour le plaisir, celui des yeux et de faire l'une des dernières
descentes de cette saison
Je ne dis pas la dernière puisque le RH a coutume de skier en juin... A suivre.

Décors peu communs, que de skier au milieu des lacs qui ne sont pas gelés.
Je dois vous l'avouer, en descendant nous nous avons pensé à beaucoup de monde en disant
que ce RH allait encore faire raler du monde.
Est-ce bien raisonnable que de l'envoyer à Michel à Paris qui se remet à peine du n°17...


Nous sommes dans un sale état physique une fois de plus.
Mais qu'il est bon de se glisser aprés avoir fait tant de fois ce chemin l'été sous la chaleur, sous la pluie,
dans le froid.
C'est un peu une récompense cette douce aprés midi.
Le printemps semble là, l'eau court partout, tout semble vivre.

Sans prétentions, à plusieurs reprises nous évoquons quelques ressemblances
avec l'Amerique du Sud...


Là je vous vois venir, vous attendez le waterslide pour finir en beauté!
Non, il s'agit bien du n°18 mais il est vrai que sans la fatigue, le risque que tout parte en sucette
n'etait pas nul.
Ce RH se termine donc sur ces traces, l'affaire Lynx touche à sa fin, une mission ou deux de plus encore.
Si des gens sont motivés pour une mission dimanche matin ( le 13 mai), faites moi le savoir.
La prochaine étape doit se faire à 8 personnes.
Avec ce petit résumé, je pense à tous ceux qui m'ont un jour accompagné là haut depuis 5 ans.
Ils se reconnaissent et je n'oublie personne.
Je tiens à les remercier, ce fût à chaque fois de trés bons moment, une façon comme une
autre de partager la montagne.
Qu'ils descendent avec un petit boulon en inox ou bien un lanceur électrique de 15kg,
je n'ai pas souvenir d'une journée ou le rire n'a pas dominé.
Certains, un peu sceptiques se sont vraiment pris au jeu une fois là haut et c'etait rigolo.
J'ai vraiment eu beaucoup de plaisir à partager ces moments avec vous.
Une fois la mission terminée, on peut craindre de ne plus s'amuser comme avant dans le RH.
Que les lecteurs se rassurent, il ne manque pas d'idées pour la suite.
Il y à encore de beaux moments à vivre, à jouer comme des enfants,
tous ceux qui continuent à lire le RH ne vont pas vieillir de si tôt...
A trés bientôt.
Vous connaissez la formule,
Caresses et bise à l'oeil.

Patrack.