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Bonsoir les artistes.

Le RH a pour habitude de faire la différence par l'originalité de ses missions mais aussi lorsqu'il propose
des activités pas du tout de saison.
Du kayak au milieu de la glace, du ski en juin, bref, on se distingue d'une façon ou d'une autre.
Je vous propose donc de faire un peu de plaisance en ce début décembre, il faut dire que les températures
s'y prêtent.
Nous voulions être sûrs de tomber pendant la période "plan grand froid ".

Depuis quelques mois, Cricri voulait changer son voilier pour un plus grand.
Dans ce genre de marché, il faut laisser venir l'affaire et ne pas être pressé.
En revanche, lorsque la super affaire pointe son nez, il ne faut pas traîner.
C'est le cas ici, plus de moitié prix pour un peu de finition dans la cabine.
Mais, car il y à toujours un mais, le voilier est sur cales au nord de Lyon, si si.
Sinon ce n'est pas un RH
S'il s'agit de se faire livrer la bête en Chronopost, je ne me déplace même pas pour un reportage.

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De GENAY au nord de Lyon dans le Val de Saône à Port Saint Louis l'embouchure du Rhône,
une copieuse révision de sa géographie, celle des grandes carte du CM2 que l'on tient par
le tasseau en bois.
Un parcours semé d'embûches, panne de gaz,de carburant, rien de banal tout au long de ce périple,
entre gardiens d'écluses mazoutés et mouillages en crue...


Bienvenue dans ce fantastique convoyage en eau trouble, un RH trés spécial à visibilité trés réduite!


MOTEURS:

Faisons les choses bien en commençant par la présentation de l'équipage qui fût sélectionné aprés un
casting trés sévère selon les critères de la navigation fluviale.




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Le Patrack qu'on ne présente plus, fondateur et directeur général du RH.

Et, CRICRI.

Discret et efficace, plus prôche de Tabarly que de Peyron s'il faut imager le personnage.
A 20 ans il rêvait d'avoir un voilier.
Il n'a jamais laché ce rêve mais c'est plus de 20 ans plus tard qu'il y parvient car " on choisit pas non plus, les trottoirs de Manille, de Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher..."
Et comme dit Nico dans son 737, si t'as plus de rêves t'es mort
Aprés 4 ans dans le Trident, on passe à l'Attalia.





Un périple comme ça ne se décide pas au dernier moment, ah non, ouh là, la veille! si si
Et la veille j'avais un repas de prévu donc ménage minimum syndical, préparer le repas, bref, je me couche
tard et rien n'est prêt, même pas la brosse à dent.
On est comme ça avec Cricri, si tu prépares à l'avance c'est un coup à tout oublier.

Réveil vers 6h, là par contre ça traine pas pour faire le sac.
On devait partir à 10h de Perpi.A 10h j'étais à Prades, mais on devait aussi se faire monter des pneus neige.
Sans compter que j'ai quand même oublié le plus important, la VHF portable, pour passer les écluses...
Aprés 15 coups de fil, on en trouve une à Canet, un voisin à Cricri qui vit sur son voilier.
Merci à lui à ce propos.


Bref, nous prenons le départ vers 12h30.
Oui car il y à un peu de mécanique à faire au voilier avant la mise à l'eau demain matin à 9h.
Nous voulions arriver avant la nuit mais pour le coup c'est baché l'affaire...



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La voici en image l'arrivée avant la nuit, eh eh.
Le C15 plein comme si on partait 15 jours au Maroc mais il y à tous les cordages, outils, gilets...
Pas possible de monter en train ce qui oblige à revenir ici chercher la voiture.
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Debout depuis le matin 6h, la route, et nous voici à 23h à jouer les artisans dans un froid humide dont la Saône est la capitale.
On n'a qu'une envie, se mettre au lit, vous voyez bien le truc, la bonne fatigue, le froid qui vous saisit dés
que vous sortez de la voiture.
Comme les enfants qui s'endorment chez les invités et que l'on transporte jusqu'au lit.
Ben non, personne n'est là pour nous porter jusque sous la couette.

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Il s'agit de changer et connecter toutes les vannes, refroidissement moteur, WC...


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Le SIKA se pose toujours vers minuit sinon il prend pas, c'est bien connu.


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On se fait chier mais c'est incroyable un truc pareil.

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Le Yanmar ne tourne plus depuis 2 ans, c'est lui qui doit nous conduire à bon port, on est un peu anxieux tout de même.
Mais il démarre sans problème et semble tourner rond.

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Bon allez, fini les conneries, reste 2 tuyaux à brancher, on se met au lit et demain à 7h30 on termine.

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Alors la Saône, comment vous dire si vous oubliez le réveil c'est pas bien grave, il y à toujours un truc
pour vous réveiller mis à part le soleil...
L'humidité, le silence sordide, la pluie sur la coque....
C'est bien simple, prés du bateau y'avait un pneu qui devait être là depuis 5 ans vu les herbes autour.
Avec rien au dessus donc au soleil en théorie.
Ben y'avait 1 centimètre de mousse bien verte qui avait l'air de s'y plaire.

Ils doivent tourner les premières minutes des policiers du dimanche soir ici, jusqu'à la découverte du cadavre à coté du pneu.
Le reste se tourne en studio mais la mousse qui pousse plein sud, ah, voilà !


Pas de doute, il faut mettre ce bateau à l'eau et se barrer d'ici.


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Le voilà l' ATTALIA.


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Nous avions RDV à 9h pour la mise à l'eau.
Mais ici, 9h veut dire il est à l'eau, 8h en somme.
Cricri croise le gars en question qui semble être un personnage à prendre avec des pincettes.
En effet, la mise à l'eau est donc reportée au bon vouloir de ces messieurs.
L'aprés midi, demain, on ne sait pas!


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Dans la barquette dessus il y à la quiche, on la fait réchauffer comme on peut.

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"Je bosse avec ma soeur depuis toujours, c'est comme ça et puis c'est tout, vot bateau s'ra à l'eau p'tet cet aprem, p'tet demain!"

Ni Cricri ni moi sommes du genre à jouer au plus con avec ce genre de zèbres qui au fond sont plus à plaindre que nous.
Le genre à vouloir vous faire comprendre que c'est eux les King

Mais notre calme légendaire déstabilise les plus nerveux et à 13h30 les opérations commencent aprés qu'ils aient montré les crocs pendant 5mn.


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Dans " la poursuite du diamant vert ", la dernière image est comme celle là, Michael Douglas sort du voilier et fait monter à bord sa dulcinée,
là elle voit les bottes en croco, le croco qu'il a tué avec son coupe ongle bien sûr, ah oui c'est un dûr le Douglas...
Et là, ils descendent une avenue immense, le voilier est aussi sur remorque mais chui pas sûr
que ce soit dans la Saône, je l'ai pas vu depuis un bail (...)
Ah oui puis Douglas il avait une BX à l'époque, pas un C15

Puis c'est pas un Attalia non plus, m'enfin bon, on s'comprend hein !



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Au final, les 2 loustics fûrent adorables.
Sans doute conscients des limites de leur manège avec nous.

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A ce moment précis, je sens souffler comme un vent de liberté.
L'impression que l'on va enfin quitter la mousse.

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Voici le Gringo de Jacques Vabre !
Nous le laissont à son triste sort.
Regardez bien le mur derrière lui, de la mousse partout, je mens pas.


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L'ancien proprio du bateau passe avec une grande gentillesse nous donner quelques derniers
tuyaux sur le bateau mais aussi les écluses qui nous attendent.
Un gars fort sympathique qui a fait 5 ans de marine, chauffeur routier et prépare un tour du monde en voilier.

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Enfin nous larguons les amarres.
A une heure assez tardive.L'objectif est de passer au moins la première écluse.
Cricri me donne la barre de suite et va bidouiller je ne sais quoi à l'intérieur.
Je suis presque embarrassé de faire les premiers ronds dans l'eau à sa place.

Trés vite nous croisons les premiers géants du fleuve qui remontent la Saône.

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Je me charge du premier contact radio pour l'écluse qui n'est pas sans un peu de tension
puisque tout ce milieu fluvial est nouveau pour nous, il doivent sans doute employer des termes bien à eux.
De plus, Cricri a acheté le bouquin de toutes les écluses du Rhône mais pour le moment nous sommes
encore sur la Saône donc je ne maitrise vraiment pas le sujet.
En effet, le gars me prend un peu de haut comme si tous les matin je me faisais deux trois écluses pour voir...


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Il finit quand même par ouvrir son écluse mais la nuit est là.
D'aprés les conseils du départ, nous devions trouver de quoi amarrer juste aprés l'écluse.
Mais à peine passé les portes les choses se corsent ( alors que tout se déroulait si bien !!! ).
Il y à un trés fort courant qui n'invite pas à s'y lancer surtout que je ne devine rien pour stopper.
Et puis c'est l'inconnu devant, serions nous assez rapides pour analyser le bon passage dans un tel courant,
Non, c'est bien trop dangereux.

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Aprés une manoeuvre rapide, c'est ici que nous jetons les cordes.
L'écluses est doublée d'une ancienne écluse qui ne fonctionne plus.
Il y à une échelle qui nous permet de monter sur ce quai un peu haut tout de même.

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Aprés avoir un peu organisé les affaires, il n'est que 19h.
On décide alors d'aller voir ce pont de plus prés ainsi que son village.
Nous passons donc sur les portes de la vraie écluse qui est juste à coté.
Mais trés vite, nous remarquons qu'elle est protégée par de sérieux grillages qui nous emprisonnent.
Alors que nous passons prés de la vigie, le gardien sort de son aquarium et nous demande ce que l'on peut bien faire ici???
Et bien nous sommes l'équipage du voilier qui est passé tout à l'heure et on va faire un tour vers le pont.

" Ah mais vous êtes ou avec le voilier?
- et bien juste là, à l'ancienne écluse.
ah mais vous avez pas le droit de vous mettre là, c'est interdit, puis y'à des caméras,
et puis la police aussi, on a eu des vols....et puis aussi à 5h du matin l'écluse ouvre et des navires ne vont
pas vous voir là ou vous êtes et vont vous écraser !"


Bon là Cricri, je crois qu'on a la crême. !

" et bien il fait nuit à présent, on ne peut plus naviguer de toute façon "
" ah mais si, vous avez un ancrage 50m aprés le pont "
" et bien monsieur, on va aller voir ça à pied, ensuite on ira s'y mettre "

Il nous ouvre donc la porte et nous descendons les rives.
Les 50 aprés le pont sont en fait 500m, et le stationnement en question nous laisse sans voix.
La Saône semble un peu en crue car les quais sont sous l'eau dans un courant bouillonnant.
Ce charmant gardien d'écluse bien mazouté voulait donc nous envoyer là de nuit sans connaître les conditions,
simplement pour avoir avoir bien fait son travail et ne pas avoir une remarque d'un gros navire quant à notre présence.

Nous revenons un peu FURAX.
Il nous ouvre à nouveau la porte commandée à distance mais reste dans sa tour.
Je regarde Cricri, " bon , on va au voilier, il nous a pas vu nous mettre là à 18h, il ne va même pas vérifier que l'on a quitté la place "

Nous savions qu'il terminait à 20h.
Retour donc au voilier, nous restons là et puis c'est tout!
J'hésite à mettre le réveil à 5h mais je pense que s'il y à un problème, il y aura bien assez de choses pour nous réveiller...

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Quoi qu'il en soit, il faut rédiger le RH sur papier car si les choses partent en vrille aprés une écluse,
sachant qu'il y en à 15 à passer, ça promet un numéro trés spécial...
La doudoune, le bonnet, nous n'avons pas de courant, tout à la bougie, pour voir et chauffer.
En taux d'humidité, je ne sais pas si l'on peut faire mieux.


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Le peu de batterie qu'il reste au telephone sert à écouter la météo sur le vieux Nokia qui fait radio.
Et parfois, il vaut mieux ne plus avoir du tout de batterie car pour notre zone demain c'est brouillard givrant.


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4h55, le voilier d'un coup est ébranlé par de grosses vagues.
Je repense à l'autre mazouté et ses navires qui nous écrasent...
En quelque secondes je sors du duvet que j'avais à peine réussi à chauffer durant la nuit.
Ce n'est qu'une grosse péniche qui passe l'écluse et les vagues arrivent jusqu'à nous.

Il fait un froid hors norme.
Sans cela, je n'aurais jamais quité le duvet pour aller pisser mais là à être debout, l'occasion est trop belle.
Il faut un peu se tordre dans les WC d'un voilier, le froid est tel que l'urine condense en un gros nuage
semblable aux tours de refroidissement des centrales nucléaires, et qui bien sûr vient finir sur le visage, un régal.
Comme dirait RENAUD, " c'est d'la plaisance, c'est l'pied "

Cricri a suivi le manège depuis son duvet et ne semble pas décidé à broncher sauf extrême urgence!
Je retourne donc dans mon sac qui est aussi froid que la coque à présent.
Je dors dans la cabine arrière
D'énormes gouttes d'eau se sont formées sur un angle du plafond qui est trés bas à cet endroit.
Mais n'ayant vu cela auparavant, alors que je me glisse dans le duvet, je balaye toutes ces gouttes
d'eau avec ma tête et elles ruissellent d'un coup dans mon dos.
Je pense qu'il manquait un degré de moins pour qu'elles soient de la glace.
Il valait mieux, elles n'auraient pas fini dans mon dos!
Me voici donc avec un duvet mouillé pour finir la nuit.


Impossible de fermer l'oeil jusqu'à ce que le réveil sonne à 7h15.
J'ai rallumé toutes les bougies à coté de moi, dans la barquette de congélation afin de sêcher un peu l'air.
Oui, l'air, car un duvet mouillé, il le reste.

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Le prévisions ont vu juste, le voilier est un bloc de givre.
Des amateurs pour barrer???


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On va s'amuser avec les cordages tiens!!!


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Ce sera un petit dej un peu long en attendant que la visi soit à peu prés jouable.
Ce n'est que vers 9h30 que nous décidons de partir, non sans être un peu tendus.

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Je me mets devant à la pointe afin de crier en cas d'obstacle sur l'eau, ou autre navire en face.
C'est élèctrique comme ambiance mais on avance.



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Il faut surtout se faire violence pour sortir les mains et continuer de faire des photos pour le RH.

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Aprés une demi heure à tatons, la visi se dégage dans un froid polaire et l'équipage retrouve le sourire.

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Je pensais que le givre sur les arbres n'existait que sur les photos de l'almanach PTT.
Bon, il y à peut être des chances que l'on soit en photo sur l'almanach 2009 aussi..


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Peu à peu nous entrons dans LYON.


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Il y à la cousine de la Tour Eiffel droit devant.


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Désormais, nous sommes sur le guide de naviguation du Rhône, un livre que Cricri a acheté pour la descente.
Ainsi, pas un pont ni une passerelle ne nous échappe.
Et l'on se sent libre à regarder les voitures bloquées au feu rouge, même si nous avons une route à suivre.

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Nous arrivons à la deuxième écluse du parcours et au contact radio, le gardien à l'air tout à fait normal.
Il faut aussi noter que nous sommes à présent sur le Rhône, et oui.
Pas de photos car les fleuves qui se rencontrent sont bien plus jolis d'avion que d'en bas...

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Les amarrages sont de gros cylindres flottants, piégés dans un demi puit.


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Vous n'êtes pas obligés d'y marquer votre nom ou celui de votre copine...
Lorsque les vannes sont ouvertes, le niveau descend à une vitesse peu commune.
Descente en enfer, on commence par vous supprimer l'horizon, dés les premiers mètres,
tous ces amarrages flottants coulissent dans des rails fer contre fer, le bruit ressemble d'assez prés
aux bruits trés métal du Titanic avant qu'il ne se brise en deux ( pour les accros du film )
on vous vole alors les couleurs comme la Kodacolor Gold à l'époque.

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Pour finir dans ce chaos monochrome ou presque, de gigantesques parois vous emprisonnent.
Elles sont recouvertes d'une épaisse couche de mazout que les vieilles péniches aux normes 14001
laissent en passant.
Un bien triste spectacle, la question est de savoir si aux révisions annuelles en mars, ils lessivent tout ça ou pas?
Une chose est sure, si Nicolas Hulot passe par ici en kayak, il peut prendre une spatule, des gants latex et des poches étanches !

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Des gants que l'ancien proprio du bateau nous avait recommandés d'ailleurs.
Au fond, odeur assez forte, même pour dépanner, il ne faudrait pas passer la nuit là bien que....


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La porte en aval qui s'ouvre est un spectacle saisissant dont je n'ai pas réussi à
me lasser sur les 16 écluses passées.
Séquence Moïse et petite douche d'eau froide en passant sous cette porte qui doit bien faire 60 tonnes.
Il est midi lorsque nous quittons cette écluse.


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Ce deuxième jour sur l'eau fût vraiment paisible, j'y repense en écrivant ces lignes.
Les photos ont elles aussi leur mot à dire je crois.
Eviter les quelques troncs d'arbre qui flottent de temps à autre.
Faire les cons un peu sinon c'est qu'on est malade ( mais ça arrive bientôt...)


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D'aprés le bouquin, sur la gauche là bas il y à de quoi passer la nuit avec sans doute l'électricité.
Le coin à l'air sympa mais nous ne sommes pas en été.
En été en commençant à 5h30 le matin, vous pouvez le soir faire votre halte vers 19h si le coin est sympa.
Là c'est une autre affaire, les jours sont les plus courts de l'année, il faut avaler les kilomètres.


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Et en effet, on laisse dans le sillage un coin trés mignon ou passer la nuit.
Un coup de GPS pendant 30 minutes histoire de voir la moyenne et nous décidons
de notre point de chute à l'aide du bouquin.
Il semble que l'électricité ne soit pas pour ce soir.
Andancette le village que nous nous fixons.
Une écluse à passer et 45km, juste mais ça doit passer.
C'est que l'on ne stoppe pas comme ça sur le Rhône.
il faut forcément un quai, et pas n'importe lequel.

Notre quille demande 1,73m de tirant d'eau.

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Ce soleil fait du bien c'est pas croyable, malgré le froid.
Pas qu'il fasse sec, n'exagérons pas non plus, Lyon n'est pas si loin encore, m'enfin, ça fait du bien.
J'ai rien contre les gens de Lyon attention, surtout s'ils me prouvent que la mousse ne pousse pas plein sud...


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Espérons au moins que c'est étanche ces cuves.


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Cette luminosité, aussi magnifique qu'elle soit, met l'équipage sous tension.
Tout simplement car nous naviguons encore sans savoir ou dormir.
La navigation de nuit est interdite contrairement à la mer, sauf les commerciaux.
Mais à cette saison, dans ces conditions, comment dire?

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Avec Cricri on fait de la moto.
Et rouler sous la pluie, la nuit, au froid,sous la neige, on a donné aussi.
J'ai une phrase qui résume un peu la situation:

" l'été on croise des motos, l'hiver des motards ".

C'est sans prétentions, simplement certains esprits, certaines lignes de conduites ne se croisent qu'à certaines
périodes.

Fontra, un membre du RH connait ça en VTT...


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Le courant est assez fort mais le quai est sérieux à Andance et Andancette.
Deux villages de la Drôme séparés par un joli pont.


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Le pieds gélés toute la journée et impossible à réchauffer deviennent
brûlants aprés quelques mètres à marcher dans les rues du village.


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Le bateau est dans l'ombre, vous le voyez?
On est en panne de gaz pour la lampe à gaz.
Nous trouvons ça à une épicerie/tabac/bar.Oui oui, tous ces pauvres petits
commences que l'on ne trouve plus avec une dame adorable.
Nous discutons un peu car notre habillement de cosmonaute laisse pas indifférent.
La petite bouteille de gaz est au même prix qu'à Carouf...A méditer.

Détour aussi par la phamacie pour trouver du paracétamol car depuis ce matin j'en tiens une belle.
Toutes les 3h, Efferalgan.
C'est le pied.
Nous faisons le plein d'eau potable aussi car il ne restait rien.


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Ils sont là.
Entamés un peu.

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Réveil du mauvais pied.
Je suis bien malade et la bouteille de gaz ( celle pour cuisiner ) est vide.
On ne comprend pas, ces bouteille tiennent trés longtemps.
Elle n'était pas bien pleine sans doute.
Donc Cricri se met à la barre et je fais le foyer que vous voyez là avec barquette de congélation,
lame de scie à méteaux comme support et bougies.
1h10 pour faire un thé tiède.
On commence vraiment à racler le fond.
Les boissons chaudes c'est la seule chose qui peut vous tenir.
Sans ça la journée prend une autre tournure.

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Et comme journée il y à mieux.
Du gris au menu.Un bateau avec son audi A4 pour aller faire les courses.
Si on avait une Audi sur le pont, je la ferais tourner rien que pour le chauffage !!!
Ils sont bien dans leur péniche.
L'écluse n'est pas loin mais on risque de se faire griller un tour.
Car je ne pense pas que le navire de commerce attende aprés nous.
Et bien si, aprés contact radio, le gardien d'écluse nous dit que si on va un peu plus vite,
ça devrait passer.
"ok", sauf que l'on est déja à fond pour pas se faire distancer.

Au final, juste mais on passe ensembles.


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Ce sera la seule ou nous passons avec un autre bateau.
Vous voyez à peu prés la météo, je suis pas trés frileux en principe.
Mais là, bien malade, le paracetamol fait ce qu'il peut.

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Le chargement de ces péniches, ça vaut les Antonov au congo!



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Escale à Bourg les Valences, si si, on y est arrivé à trouver du gaz.
Les pieds se réchauffent.
On ne passait pas la nuit comme ça de toute façon.


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Je me traine de plus en plus.
Hold up de soupes chinoises, une chacun, midi et soir.

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On ne sait pas trop ce que l'on fait là, à part rigoler.

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Les Visiteurs? non mais il y à un air.

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Ici, c'est la vue depuis l'intérieur, pendant la pause repas.l'autre reste à la barre.
On a ouvert les capots moteur afin de chauffer un peu la cabine, mais c'est surtout du bruit que l'on gagne.
Ces moteurs chauffent peu, car refroidis par l'eau du fleuve par un circuit.
Et vu la température de l'eau, c'est pas gagné.
La lutte contre le froid dehors en statique, le cou rentré dans les épaules demande beaucoup d'énergie.


Vous connaissez alors ces soupes chinoises?
En 1996, nous ne mangions que ça avec Floran de septembre à Noel.
Les années yéyé, le compte à découvert tout l'automne.

On en mange aussi pas mal avec Cricri certains mois.
Les mois ou même en travaillant plus pour gagner plus...
Sauf que là, il en a acheté une série avant de partir, je ne sais pas ce qu'il y à dedans
mais ça arrache la moquette, fouahhhhh

Les capots ouverts, on mange avec le moteur dans le salon, un bruit infernal.
Mais qu'est ce qu'on ne ferait pas pour gagner un demi degré.



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Il y à une belle fuite à cette écluse, la pression fait presque remonter l'eau au niveau initial.
Ce qui laisse parfaitement imaginer le spectacle si la porte casse.
Nous avons trouvé 3 types de porte.
Comme celle-ci, classique en 2 battants.
Celles qui s'ouvrent latéralement en coulissant.
Et pour finir, celles qui sortent ou disparaissent de l'eau verticalement, trés étrange à voir.

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Un méthanier chargé raz la gueule,il ne s'agit pas de dormir à la barre.


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Ahhhhhh, qui n'a pas vu cette centrale du coté de Valence un jour?
Avec son enfant dessiné pour faire croire que la vie est belle.

De nuit ou de jour, tout moniteur des Pyrénées qui un jour est allé à L'ENSA à Chamonix a vu ce décors
depuis l'autoroute pendant son trajet mélancolique, seul, à manger des Chocos Prince en se disant :
"j'aurais le final ??? "

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La réconpense arrive enfin aprés une journée de gris, le soleil trouve une brêche sur l'horizon
pour diffuser sa lumière avant de plonger.

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Même la centrale fait moins peur tout à coup.

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Vous pouvez appercevoir en cabine la lampe à gaz et les bougies en feu continu, 24h/24.

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Toutes ces couleurs vont nous faire oublier l'objectif, trouver un endroit pour dormir
avant la nuit.
La célèbre phrase de la nuit aéronautique est valable en bateau.

" L"obscurité approche, la nuit surgit "

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Et la voilà la nuit mais nous avons un ancrage.
Le quai fait 5mètres , nous sommes trés prés d'un énorme navire mais cela devrait passer.

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Il est pas beau le voilier?
Ca fait un peu COKE EN STOCK de Tintin je trouve, il ne reste juste qu'à deviner si les
bandits vont arriver par les cordages ou bien par l'eau.

Nous sommes à Montélimar.
Zone portuaire, camions, grillages, et le petit voilier au milieu de tout ça.
Il doit lui tarder de retrouver son mat, ses voiles et ses soirées en mer, au large par pleine lune.
Retrouver la houle, juste un peu plus de poésie que ne sont les ecluses de mazout.

La soirée va consister à parcourir la zone commerciale afin de trouver une aiguille.
Depuis 2 jours, un ongle incarné me fait souffrir et il faut faire un peu de boucherie.
Nous marchons quelques kilomètres pour ne trouver qu'un Carrefour.
Et trouver une aiguille dans un Carrefour en periode de Noel, comment dirais-je.
Moi qui déteste ces périodes de fête, me voilà au paradis.
Un chaos de choses inutiles superficielles.

L'épicerie/bar/tabac de la veille me manque tant.
Je doute de pouvoir parler ici avec la caissière d'écluses et de navigation.
Si, au pire elle le désire, les clients de la file d'attente ne tarderaient pas à klaxonner.
D'autant que nous sommes vendredi soir ( sur la terre ).

Nous repartons donc avec des aiguilles à coudre, pas en promo, aprés qu'elle m'ait
tout de même demandé si j'avais la carte de fidélité...
" ah non désolé, elle est au voilier "

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Première du matin, entrée un peu pénitencier qui a son charme.

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Le conducteur de ce TGV, trés aimablement, nous lance un sacré coup de Klaxon.
Ca réchauffe le coeur, il doit bien sentir qu'on se pèle le jonc.

Avec Cricri, nous sommes des fans de réseaux ferrovières miniatures ( Z, N, tout le tsoin tsoin )
A plusieurs reprises, les décors ressemblaient à des maquettes.

De quoi donner des idées à Alain du PGHM, à qui j'ai pensé bien souvent.
Alain, c'est bien connu, n'est pas des plus fin sur un vélo ( et il m'en voudra pas).
Mais si un jour il vous invite à voir son réseau, tout là haut dans le grenier,
vous resterez sans voix de voir ce qu'il fait de ses mains en or.
Il reste le maitre du plateau Cerdagne Capcir.
" Alain , il faut que je m'y colle à mon réseau ! "

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Que vous inspire la photo?
Rien de spécial, et il n'y à rien de spécial.
Sauf que nous sommes à l'écluse reine du parcours.
Tant attendue, l'écluse de Bollène.
La raison est que nous allons desendre de 23 mètres.
Dés l'entrée, le sondeur du voilier affiche 31 mètres sous la quille.


Hélas, nous allons pouvoir la savourer car un problème de contacteur à la porte amont va nous
clouer ici pendant 2h05.

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Et j'ai bien peur que cela ne finisse comme le Titanic...
Un demi litre de thé ou de Ricoré n'est pas assez pour réchauffer les pieds dans ce froid.
Un froid des plus humide, statique, l'enfer.

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Alors on attend que les équipes techniques viennent trouver une solution.

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Et encore du thé.

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Enfin la vidange peut se faire.
Et le monstre se dévoile en 8 minutes seulement pour vider un bassin de
200 mètres de long, 12 de large et 23 de hauteur.
A vous les calculs...

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Encore une douche à la sortie, il faut protéger tout.

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Nous commençons à être habitués aux écluses.
Plus de 10 passées mais l'on reste sans paroles entre ces deux parois sombres.
Une photo ne peut témoigner à l'identique mais notez tout de même
les lampadaires de part et d'autre, c'est grand un lampadaire mais ils n'ont pas fière allure.
Bel ouvrage.

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Et il n'en faut pas moins pour ce bazard, double barge ( 2x 83m + le pousseur ) qui arrive en limite, soit 195 mètres.

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Il reste encore 6 heures de navigation et pourtant vous n'aurez que cette photo.
Passé Bollène, ce sont des trombes d'eau qui vont nous tomber dessus.
Vient se rajouter un fort vent de face, histoire de bien fouetter le visage.
Cricri est rentré manger et c'est à mon tour mais je sais que si je rentre, je ne reviens pas.
Alors on reste là.
Ce soir c'est Avignon qui est prévu.
Mais à quel prix?
L'éclusier n'en revient pas puisqu'à chaque passage, il nous faut donner provenance et destination.

La jauge carburant commence à titiller le zéro, Cricri rentre donc chercher le bidon de 20 litres.
Le bouchon du réservoir s'ouvre avec la manivelle de winch mais le plastique foire.
Chacun joue son rôle dans une situation qui commence à ne pas sentir bon.
Figé à la barre, les mains comme de la glace, je tente d'appliquer tout ce que l'on a apprit
depuis le premier jour.
Au GPS, nous avons fait comme les grosses péniches.
Le courant n'est pas le même partout.
Un coup exterieur à la courbe du fleuve, un coup intérieur.
Alors c'est la seule distraction pour gagner les minutes précieuses.

Cricri se bât comme il peut avec ce bouchon mais il semble que nous allons devoir
apprendre les vrais limites de cette jauge.
Malgré les les vetements étanches, au bout de 5 heures, tout passe.
De la pluie avec des températures si proche de zéro.
Le moindre mouvement et c'est une fuite de plus qui vient ruisseler dans le slip, les pieds.
Le nombre de situations rencontrées dans sa vie comme celle là diminuent avec les heures qui passent.

Il faut attendre.
Il fait nuit lorsque nous arrivons à Avignon.
Les lumières de la ville suffisent à voir le peu dont nous avons besoin.

L'affaire se corse lorsque passé le pont du chemin de fer, nous devons remonter un bras du Rhône
ou se trouve l'ancrage.
Car à contre courant, nous sommes presque sur place et les berges défilent à peine.
Les yeux rivés sur cette jauge que l'on espère juste.
Le Rhône grossit en de larges remous, sale ambiance, sales décors, et nous au milieu de cet enfer.
En cas d'arrêt moteur, la situation va vite tourner au vinaigre, reste l'ancre ou finir sur
un pilier de pont.



Fort courant à l'ancrage que l'on attendait plus, le moteur tourne toujours.
Aprés un bon moment avec les cordages, triste bilan vestimentaire à l'intérieur.
il n'y à de sec que la montre.
La peau comme des pommes oubliées à la cave, moral trés bas.
"Yes, we can", mais y'à des jours, "no we can't" ne nous ferait pas honte à rester au chaud
à glander devant un feu.
Nous voulions changer d'air, c'est chose faite.


Grâce à Gilles et la maman de Cricri, nous dormons au sec...

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Le voyage touche à sa fin, dernière étape aujourd'hui AVIGNON / PORT ST LOUIS.

En commençant par le Pont d''Avignon, interdiction de passer dessous !!!


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Le Rhône confirme la vision d'hier soir, remous, eau marron, troncs d'arbres de partout, crue.
Nous allons être vigilants.

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Superbe ouvrage qu'est ce double pont TGV.
Aprés être passé dessous, je trouve cela un peu court.
Je dis alors à Cricri, crois-tu que l'on repasse dessous de si tôt?

La réflexion s'en suit dans la demi seconde d'un demi tour, histoire de revivre cet instant.
L'esprit est encore un peu froid, il y à eu un temps mort avant de réaliser combien nous
sommes libres de tout depuis une semaine.

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Repasserons nous un jour sous ce pont,moi tout seul ou lui tout seul?
La question donne le vertige car le fluvial, dans sa lenteur, est un formidable terrain de méditation.

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J'ai bien peur qu'en y repassant demain en TGV, il n'ait pas le même éclat.

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Voici la porte de la dernière écluse.
Est ce volontaire que son mécanisme fasse qu'elle s'ouvre symétriquement, tel le rideau de la scène?
Une chose est sûre, je ne sais pas si nous y entrons ou bien le contraire.
Devant nous à trois heures il y à la mer.
Et derrière, le Rhône, long fleuve de 812 kilomètres, qui prend sa source au Saint Gothard
dans les Alpes suisses, alimentant au passage le Lac Leman.

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La petite crue a du bon, nous faire avancer à 15km/h.
En revanche, nous heurtons de nombreux troncs, dont un gros juste avant Arles.

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Tarascon et son usine à papier, odeur horrible, pas mieux qu'à Mimizan...


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Un parcours assez ordinaire comparé aux autres jours, il fait beau c'est presque trop simple.

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La mer est sur l'horizon et la dernière demi heure est assez agitée.

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Port Saint Louis.
Aprés avoir répété si souvent cette destination aux gardiens d'écluses, nous y voilà.
Un nom qui au fil des jours prenait de plus en plus de hauteur au regard des pièges rencontrés
tout au long de cette fantastique aventure, mais nous y sommes.

Demain, il faudra remettre le mât.
Cricri continuera tout seul jusqu'à Canet.
Le TGV me conduira jusqu'à Lyon et encore des galères pour aller jusqu'à la voiture.

Il est l'heure de faire les sacs et de ranger un peu.
Sans avoir fait un tour du monde, nous avons simplement bousculé le cours de la vie le temps d'une semaine.
En toute modestie.
Mais nous avons vécu sur ce bateau pleinement, chaque seconde.
Il y à ce soir un peu de tristesse.
Chaque objet que nous touchons fait vibrer la mémoire et revivre tous ces instants.
Les bougies pour chauffer le thé, les notes du RH, les chaussettes trempes, le chocolat.
Cette pince pour serrer les vannes posée là depuis le premier jour.

Ces moments là font qu'un jour, quelque chose de si artificiel vous appartient plus qu'à une autre personne.
Une voiture, un vélo, un avion, un voilier.
Ces moments là rendent humain et donnent une âme au métal, à la fibre de verre, au bois, à tout ce que vous voulez.
Un petit cailloux resté dans une de vos poche lors d'un long voyage peut avoir cette âme.
N'en voulez jamais aux gens qui peuvent s'attacher à des objets.

Je souhaite longue route et bon vent à cet Attalia.
Je sais déja combien il compte pour Cricri car il est entré par la grande porte.

Cricri qui m'a avoué autour d'une soupe chinoise, franchement, qu'il ne voyait pas avec qui d'autre il aurait tenté
ce périple.
Il ne doit pas me remercier d'avoir accepté, c'est moi qui dit merci.

Les vrais copains sont ceux avec qui un jour on partage un peu de pain dur, une soupe tiède.
Ceux avec qui on traverse un pays à vélo, à pied, en stop.
Ceux avec qui l'enfer finit par avoir bon goût.
Il y en a moins que sur le papier forcément.
Mais nous ne sommes que des humains et il y à des jours ou tout s'effondre.
C'est ces jours là ou ces vrais copains seront là, avec ou sans parôle mais leur seule présence
fera tout surmonter.
Je n'ai pas besoin de plus en dire, un prénom pour chaque doigt de la main, chacun s'y retrouve et sourit derrière l'écran.




Que ce RH inspire tous ceux qui se contentent de renvoyer ce qu'on leur envoi.
Prenez la plume et soyez créatifs.
A la demande d'un lecteur et n'ayant pas de lien automatique direct sur mon site, vos remarques que j'espère nombreuses,
par mail, seront publiées sur ce site, à la suite de ces lignes.
A vos claviers.


http://crapahuteur.canalblog.com/

Le lien d'un trés bon copain, chasseur d'ordinaire lui aussi, vous l'avez sans doute vu dans le RH, amicale concurrence qui mérite détour.



Je tiens à remercier tout particulièrement Gilles et la maman de Cricri pour leur attention et leur gentillesse.
Je ne suis pas prêt d'oublier autant de chaleur humaine.


Il est l'heure de descendre le rideau.


Méfiez vous des gens qui arrivent à l'avance et intéressez vous d'un peu plus prés aux gens bordéliques....



A tous ceux qui aiment rester assis au ciné pour voir le générique de fin jusqu'au bout,


CARESSES ET BISES A l'OEIL. Le Patrack.



Bonsoir les zouaves,
 
Bon, difficile d'écrire quelques mots après un récit, dont seul Patrick a le secret,  aussi véridique de notre aventure, car ce fut vraiment une aventure.....
Au point de se demander durant les 1ères heures, ce que l'on était venu foutre dans cette galère alors que la veille, on refaisait le monde devant une belle flambée dans l'insert.......
Et puis, on oublie peu à peu le confort, on revient aux plaisirs simples de la vie, comme le bonheur d'avoir trouvé une bouteille de gaz après quelques kms de marche.
 
Aventure, parce que lorsque tout se passe bien, ce n'en est pas une, et le  plaisir et les souvenirs sont différents....
Et puis, si on ne rencontrait pas quelques "mazoutés" de Saône ou d'ailleurs avec Patrack lors de nos périples, il n'y aurait pas les
fous rires au débriffing du soir.. ""Ah non, vous n'avez pas le droit, ça non.!!!...""

 
Et puis, on arrive à Port St Louis, on se surprend à penser "merde, c'est déjà  fini" et arrive l'impression de redescendre sur terre....
 
Merci à Patrack sans qui tout ceci n'aurait pas eu lieu, ou alors, pas avec la même saveur ( certains me comprendront) .
Merci à lui pour ce récit flamboyant qui me donne des frissons chaque fois que j'ouvre le RH.

Je lui dédie ces photos prises après son départ qui ont une petite histoire: le rituel, hormis les bougies a été le
bol d'infusion tous les soirs pour se réhydrater et surtout se réchauffer;mais qui dit infusion dit envie 
de pisser durant la nuit...
A ce jeu, Patrak a été le plus fort, capable de tenir toute une nuit sans se lever. Pour moi, ca a été de 1 à 4 fois .
Quand il fait pas loin de 0, vous imaginez l'envie de quitter le duvet;
pardon pour les fois ou j'ai dû le réveiller à coup de"Putain d'infusion" ou de chutes sur quelques objets en travers ( le rangement, c'est notre métier et passion)

Donc à P. St L. infusion du soir, envie de pisser à 7h tout de même....lever rapide....coup d'oeil machinal au travers du hublot et là.....vite, l'appareil photo et.....merci l'infusion.....   
 
PS : merci tout de même au gringo de Genay qui a fait 1/4 h de manoeuvres avec son tracteur, sans qu'on lui demande quoi que ce soit, pour que l'on puisse avoir le nez
du bateau vers la sortie, vu qu 'à la mise à l'eau, la quille s'est plantée dans la vase....on a donc pu sortir en marche AV sachant qu'en marche AR, c'était loin d'être gagné.......
 
Cricri






P1040061_001


P1040062_001
P1040060_001




Annexe:

http://fr.youtube.com/watch?v=4fSodd3a2j4

http://fr.youtube.com/watch?v=qnlN4OCtGyo

http://fr.youtube.com/watch?v=l1YqIZeyxOE&feature=channel


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convoyage
du très très grand art !!! j'adoreEmoticon84
vivement la prochaine expé !!!!
lole

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salut l'artiste
 
Tu es passé pas loin de chez moi (écluse de Vallabrèques) !
Si tu repasses dans les parages, n'hésite pas à me contacter.
 
Nous avons beaucoup aimé ton RH !
 
Juste une suggestion, tu ne pourrais pas mettre les dates et aussi inclure une fenêtre commentaires ?
 
A +
 
Henri



Très belle deuxième partie de ce RH.
 
Quelques souvenirs avec le Pont du TGV. Pendant la construction, j'avais visité l'intérieur du tablier et j'y ai couru quelques fois dessus avant qu'ils ne posent les rails !!!
La dernière écluse est à 10 km de la maison, n'hésite pas à venir lorsque tu repasseras par là !
 
Merci pour ce beau voyage hors du temps à deux pas du tumulte quotidien !
 
Henri ou Fontra ....c'est vous qui voyez !
 
Mets les liens pour les vidéos

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Je suis contente pour toi, pour ton pote et pour le bateau.
Une semaine, c'est long et c'est court, quand on se sent respirer.
Bises
m

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................. J'en reste sans voix......... ..........

Merci pour ce RH de dimanche aprèm gris, pluvieux et froid, ou on a qu'une envie, c'est de rester sous la couette.

Pleins de sourires, et une larme qui a perlé au coin de l'œil.

Merci de partager ces aventures hors du commun.

On sent vraiment beaucoup de boulot, le résultat en vaut vraiment la chandelle.

Ciaociao !

Joachim

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Salut méduse, si l'expression "énorme" n'avait pas été en vogue, je l'aurais volontiers employée. Ca colle bien à ce que j'ai vu ce soir, le fond sonore assuré par une émission débile de décoration de maison sur M6. Quel contraste! Cela met en valeur la mousse qui pousse au sud, le pneu et le cadavre, le givre, l'humidité. L'humidité, c'est le pire, je crois. Y'a rien a faire, quand c'est en toi, y'a rien pour l'enlever. A part courir, peut-être. Mais sur un voilier qui dérive sur la Saône, c'est pas gagné. J'ai vraiment pleuré, de rire et de cafard, pendant les nouilles chinoises. Tu sais, depuis 96, j'ai grandi, je mets maintenant tout le sachet de piment de la sauce. Putain de vie, le piment ca me rappelle qu'on peut bouffer n'importe quoi. C'est juste une histoire de moment. Je pense que pour vous, le sachet entier de piment, c'était la solution finale. Juste avant l'échouage. A' consomme pas des masses, le p'tit diesel, dirait Scud', non...? Une pensée pour Alain, cloué à la maison à cause d'une histoire de vertèbres qui le laissent tomber. Tant de finesse dans un monde de brutes, y' pas de justice! Je crois qu'une nouvelle étape a été franchie durant cette semaine de dérive. Chapeau. Merci. A+.

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Superbe....... rien à dire avec de très belles photos
Amitiés

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Allez, cette édition est parmi les meilleures !
Il reste pour le côté baroudeur le voyage en train de marchandise ...
Pour le reste, je t'en parleari à Formi, merci pour une de tes conclusions.

A très bientöt

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      Coucou Patrick,
  je viens de visionner ton dernier reportage.
 Il m'a ému,c'est humain,simple et grandiose à la fois.  Merci de nous permettre de participer à tes aventures...        bisous @@@@@@@@@@@@@

Patrick merci de nous avoir fait participer à travers les photos et tes commentaires à cette expédition "si bien préparée à l'avance!!!"
Malgré l'absence de la super forme tu as su tenir la barre dans tout le sens du terme et bravo pour la  solidité de l'équipage.
 Mireille et Gilles(Aix)

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merci de m'avoir fait partager tous ces moments racontés vite fait le soir par un cricri tabarly frigorifié, surveillant sa batterie de portable menaçant de lâcher sans prévenir!!!!
Et voilà, l'attalia ( rebaptisé BATSKA) est arrivé à bon port auprès de son petit frère le trident.
une autre aventure a commencé: lui refaire une beauté, alors, on ponce, on fait les magasins de tissus, on rêve et on boit du thé pour se réchauffer! que du bonheur !
 
isabelle

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Bonjour
Joyeuses fêtes à toi patrick,exellente année 2009,continue à nous faire rêver .
Un grand merci pour tes reporpages,tes aller et venus,d'en haut ou dans bas,d’ailleurs ou d’ici.
Milles merci,et n’oublies jamais le pam
Bises à toi
Jean louis

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