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Bonsoir la bande.

Ce n’est pas une période trés favorable pour écrire un RH mais mon devoir de reporter

m’y oblige et puis c’est une telle évasion à chaque fois de vous écrire que cela ne peut

que me faire du bien.


Beaucoup de travail, les exams qui s’approchent, le stress qui ronge.

Quoi de meilleur alors que la rédaction d’un petit RH une fois la nuit tombée.

Ce qu’il faut de bougies dans la chambre et les musiques qui vont bien,

me voici installé comme un prince et , sans que l’histoire n’aie commencé,

l’ambiance est déja moins rugueuse et le corps plus détendu.


Même si je ne sais pas encore de quoi on va parler, j’ai quelques photos pour

alimenter l’affaire et tout devrait se goupiller sans encombres.


Dans le programme du CPL ( Commercial Pilot Licence ) que je suis en train de passer,

il y à un nombre d’heures à faire seul et en navigation.

C’est normalement une récompense car l’occasion de découvrir le pays dans lequel

vous êtes depuis le ciel.

Mais c’est aussi une belle prise de tête dans la préparation de ces vols car il faut tout

naturellement appliquer les règles de vol à la lettre.

Je vais détailler un peu cela dans le récit car ceux qui ne connaissent pas le vol

en avion vont sans doute trouver là quelques croustillantes précisions...


MOTEURS:


Ce jour là, il s’agit de se rendre à Port Hardy ( CYZT ), à l’autre bout le l’île de Vancouver.

J’ai joué un peu avec Google earth afin de vous montrer le parcours.


GoogleEarth_Image

L’île mesure 500 km de long orientée nord/ouest sud/est.

Elle isole Vancouver du plein océan.

Le détroit qui la sépare du continent est le Détroit de Géorgie.



CZBB Powol



Son survol permet d’apprécier les centaines et milliers d’îles, de lacs, fjords,

lacs, glaciers, comme un simple jeu au début, à en perdre la tête aprés plus

de 5h de vol...



Prenez un puzzle de 8000 pièces une fois terminé, et imaginez qu’il y ait pas

mal d’espace entre chacunes des pièces.



Versez alors une carafe d’eau pour remplir ces espaces, cela peut donner

une idée de ce à quoi ressemble ce détroit.





Powol Hardy


L’île de Vancouver est assez capricieuse question météo.

Cela fait 3 fois que je reporte ce vol.

C’est étrange mais rien que ce nom de Port Hardy et sa position vraiment plein

ouest dans le Pacifique, je ressens la bruine froide fouetter le visage rien qu’en

dépliant ma 500000/ème sur la moquette de la chambre.


Pour cette raison, mon instructeur veut que je parte avec la météo de 11h.


La préparation d’un vol en gros se fait en 2 parties.

Une grosse préparation de l’itinéraire avec tracé sur la carte, tous les caps,

les distances, altitudes en fonction du relief, des zones de contrôle traversées,

aéroports empruntés pour plein carburant...


Et une deuxième partie lorsque vous avez la météo en main.

Belle prise de tête pour calculer en fonction des vents vos caps, vitesse sol,

temps de vol, consomation...

Cela prend un certain temps, auquel se rajoute les 30 minutes de vélo pour aller

à l’école.

De là, météorologue au téléphone pour confirmer ou non les données du net,

en anglais bien sûr, avec cette même personne on fait le plan de vol.

Puis devis de masse et centrage de l’avion.

Aprés quoi la fille au bureau vous donne les clefs de l’avion.

Kit de survie régions inhabitées, gilet de sauvetage, huile pour l’avion...

On peut penser que c’est du blabla mais la suite va éclaircir l’emport de ce matériel.


Pas vraiment perdu de temps mais il va sans dire qu’il ne faudra pas trainer en

escale pour rentrer avant la nuit.

Voler la nuit n’est pas vraiment un souci, surtout au Canada question

réglementation, c’est trés open.

Mais il ne faut pas être en région montagneuse.


Me voici donc en l’air et commence par le transit nord de Vancouver et

Vancouver Harbour.



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Trés bonnes conditions, de quoi oublier les heures à plancher

à la maison.

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L’île se voit trés bien au loin, même si une grande distance nous sépare.

en vidéo;

http://www.youtube.com/watch?v=V0FfayTQQWI


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Voici le port ou se croisent hydravions et bateaux toute la journée.

En arrière plan l’aéroport international avec qui je suis à la radio.

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Capilano Bridge qui sépare Nord Vancouver de Stanley Park.

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Je vous raconte ça comme si j’allais acheter le pain mais croyez moi qu’à cet instant

le coeur frappe bien fort.

Le genre d’image que l’on regarde sur des revues en se disant « ouafff, cela doit

être chouette de voler au Canada « 

Il y à souvent des articles comme ça j’en ai lu plus d’une fois.

Aujourd’hui je suis à la rédaction de cette revue, les pilotes qui lisent cela

comprendrons d’assez prés ce que j’ai pu ressentir ce jour là...désolé !




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A partir de cette position, je demande à monter à 8500 ( et pas FL ici... )

pieds et intercepte le VOR de Vancouver.


Ce sera une navigation aux instruments, avec un suivi de trés prés sur la carte au

cas ou celui ci tombe en carafe...

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Et pendant qu’on taquine le golf prés de l’eau, je bidouille l’aérateur pour avoir

un peu d’air frais.


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Les lacs au milieu, l’océan autour, je serais bien curieux de voir

ce que peut donner un tel mic mac au sol.

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Sur ma droite, plein nord c’est pas mauvais non plus, les glaciers veillent,

et fondent hélas si l’on en croit la tendance...

en vidéo:

http://www.youtube.com/watch?v=4Rtc7rMxAb8


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Le vent fort à mi chemin commence à se confirmer.


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La subtilité de ce décors, imaginez vous que 2 fois par jour, ces étroits passages

se vident et remplissent à nouveau au rythme de marées.

Et pas des marées de tafiotte, ah non.

Elle est descendante actuellement et je me prends au jeu d’observer cela

dans les passages minces.Ben c’est pas du joli cela doit faire peur.

Des vagues trés hautes que l’on voit de si haut, il doit falloir ranger le voilier

à temps ...


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Voici le point POWOL, a partir de là je passe sur le VOR de Port Hardy.

En espérant qu’il fonctionne mais oui.

Il faut vraiment suivre les formes sur la carte pour ne pas se prendre

les pieds dans le tapis car tout se ressemble.

Jamais survolé un tel décors, c’est dûr à imaginer.

En revoyant ces photos je réalise à peine.


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A perte de vue, l’avion trace à 200km/h et cela ne termine jamais.

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Le survol de ces régions en monomoteur c’est bien parce qu’il faut le faire...

En cas de panne, pas de route, pas de champs, que de la foret ou de l’eau

donc c’est l’eau mais il faut amerrir à coté d’un bateau et y’en à pas ou peu.

En résumé, tais toi et pédale.

Ou bien «  il dit quoi le docteur?

il dit que tu vas mourir, ah « 


Je suis bien content de contacter Port Hardy et de voir enfin son terrain.


Se trouver à finesse du terrain ( portée de vol sans le moteur ), rassure

et fait serrer les fesses un peu moins.

C’est la région qui veut ça car le même vol mais en traversant la France

avec le même avion, on ne calcule pas ce genre de plan...

Puis bon, les Cessna sont des mobylettes fiables.

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Port Hardy.

3 pistes croisées, la 11 en service today.

Du bonheur ce terrain.

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C’est pas du miel là sans rire.

Les troncs d’arbres secs sur la plage.

Vous n’aviez pas fait gaffe, je m’en doutais, profitez-en de faire un tour d’avion!

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Notez le seuil de piste un peu décalé aussi...

A part Jouvet et sa libellule, pour poser là !!!


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Les jets, le ferry, le fjord, les glaciers au fond.

Voilà le tableau.

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Je me gare à coté d’une mobylette et d’un Beaver.

Aussitôt je tente de contacter le camion essence par radio mais tout le monde

s’est posé en même temps alors y’à la queue.

Du coup je prends l’appareil et vais voir ces jolis avions sur le tarmac.


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Ce superbe GRUMMAN GOOSE vient de poser avec ses passagers.

Pacific Coastal possède une flotte d’hydravions peu commune.

Pour trouver des moteurs en étoile en France sur des ligne régulières

il faut avoir gardé quelques revues.

Les seuls à avoir tiré cette légende jusque dans les années 90 sont

bien sûr les trés regrettés CANADAIR CL-215.

Les CL-415 qui opèrent de nos jours sont équipés de moteurs à turbine.

C’est d’ailleurs le GRUMMAN TRACKER ( rouge et blanc pour les débutants )

qui de mémoire a conservé des moteurs à piston en France le plus tard,

disons jusqu’en ce début de 21ème siècle.Chapeau.

GRUMMAN qui sait se faire remarquer dans la conception de ses avions,

on peut citer le F8F BEARCAT, chasseur des années 40, monomoteur de

2100 ch.

Pour quelques histoires croustillantes sur ce modèle, demandez donc à

André à la Quillanne de vous en raconter 2 ou 3.

Il a piloté cet avion et c’est sans doute son préféré.

L’histoire que je préfère, celle de l’élève qui fait son premier solo et fait

une remise de gaz un peu sèche sans réelle considération de la

puissance disponible...(monoplace)

Aprés quoi l’avion passe sur le dos, traverse un hangar en flamme

en fauchant au passage 2 ou 3 autres stationnés là !

Depuis, je dose les remises de gaz en Cessna, on ne sais jamais ce

qu’il peut arriver avec 160ch.

Il ne faudrait pas se faire remarquer à Port Hardy...



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Le réel problème c’est qu’ils utilisent la même essence que moi.

Je vais attendre un peu.

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C’est un autre monde à une autre époque.

Je suis vraiment heureux d’assister à tout cela même s’ils vont finir

par me mettre sérieusement à la bourre.



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En jouant un peu avec la couleur on traverserai même le siècle dernier

sans trop forcer.

L’homme de dos occupé avec le flotteur du Beaver qui a le capot moteur

ouvert, moteur en étoile à nu.Quelle image.



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A la réception des carburants il n’y à que ce petit ours pour me faire patienter.

Je suis sur liste d’attente et ils font au plus vite.

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Arrive enfin mon tour.

Un gars trés trés sympa

« Where do you come from?

-FRANCE

-with your Cessna??? »...


De là je vais jusqu’à sa cabane pour payer en espérant qu’il n’ait

pas décalé les factures car si je dois payer le plein du GOOSE...


Il va quand même y avoir un souci car il ne prend pas ma carte de débit.

Et j’ai la VISA à la maison, ......................, fui pui pui.


«  on peut tirer du cash à l’aérogare???

- sans doute... »

En regardant ma montre, je me dis que c’est en train de partir en sucette.

Je me retrouve dans l’aérogare à faire la queue avec les gens qui

enregistrent leurs bagages pour demander du cash...

Oué oué, ça sent Tinitin au Tibet l’affaire.

On me demande si j’ai réservé mes billets sur internet, là c’est

la cerise.

Aprés quoi la fille me dit il faut aller au village!

J’ai pas vu de village en me posant, ça tourne au vinaigre.

Mais si, suivez la route.


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C’est parti pour un footing en jean, à la recherche du distributeur....

Aprés 10mn à courir, je transpire à peu prés autant que Johnny au Parc

des Princes.

Là je me dis mais bordel, t’en as fait des plans à la con dans ta vie mais

visiblement y’à encore à venir.

Il est 17hoo, depuis ce matin 5h j’ai mangé un chewing gum menthe claire

et 2 verres d’eau.

Alors je me mets à marcher.Je suis cassé en 2.

Il fait trés bon ce soir, en fait je suis bien sur cette route déserte.

On dirait l’Ecosse un peu, ce calme absolu.

Je me mets à rêver.

Oui, vous savez de quoi j’ai envie?

De me trouver un bon vieux motel pas cher, avec une vieille télé

qui a les couleurs qui partent en vrille, passer un moment à la

réception à lire des revues débiles, commander un soda quelconque

bien dégueu, prendre ensuite une douche et me laisser mourir

sur le lit devant un vieux film des années yéyé.


La soirée comme ça c’est un 20 sur 20.


Mais si je téléphone à mon instructeur pour lui dire que je reste à port Hardy

car je veux regarder un film sur une télé qui perd les couleurs,

il risque de se demander si c’est vraiment la télé qui foire.


J’aurais aimé rester ce soir, vraiment.

S’il le faut c’était jouable...

Je trouve enfin de l’argent et retourne à l’avion.

Je vous propose de passer à la deuxième partie dans

«  Vol Port Hardy 2 «  pour faire ensembles ce retour en lumière rasante...

Le lien ici

http://www.regional-historic.com/page33/page34/page34.html