Bonsoir la planète.
Le RH aujourd’hui vous embarque pour un petit vol, assez particulier.
Le 11 novembre pour les cérémonies, Lorna m’avait invité au repas à midi.
Hélas, petite confusion sur le lieu, pas de Lorna et sans téléphone.
Pendant ce temps, elle parle avec un des pilotes.
Un de ceux qui, le matin du 11 novembre, passent en patrouille avec des avions
de la seconde guerre.
Ce dernier en apprenant que je fais une école se propose de m’inviter pour un
vol à bord de son avion.
Depuis ce jour j’avais ce numéro à contacter mais depuis plus d’un mois il
est impossible de voler, pluie et tempêtes continues tous les jours.
Prit par les révisions, les jours passent.
Hier le temps pour une fois semble vouloir se calmer.
Je suis enfermé dedans depuis 15 jours, il est peut être temps d’aller prendre
l’air.
Mike propose un rendez vous à 9h ce matin.
Peu à peu je réalise un peu mieux ce qui va m’arriver.
La nuit qui précède est courte.
Lorsque l’on a rendez vous avec l’histoire pour vivre ce mythe qui a fait
rêver je ne sais combien de générations et animé tant de films et documentaires,
on est tout à coup un peu nerveux à l’approche de cet instant.
Nous sommes un peu en avance avec Lorna, aussi nous buvons un café
au restaurant du petit terminal.
Enfin un café, ce qu’il disent être un café...
Mike est là à 9h.
Présentations car on ne se connaît pas mais ce personnage est d’un calme et
d’une gentillesse incroyables
Pas pressé du tout, qui prend le temps d’écouter.
Je monte avec lui dans sa voiture pour aller à l’avion.
Nous parlons du Canal du Midi, de Carcassonne ou il a volé en Rallye.
Voiture ordinaire, un peu le bordel dedans, et toujours très calme.
Un sourire permanent, le matin en se levant il doit sans doute aussi
prendre le temps d’écouter ses envies, se servir un thé, doucement le soleil
se lève et prend de la hauteur à côté du Baker.
Feuilleter un magasine , lire un article en entier, puis se resservir un thé.
Le trajet ne dure que quelques minutes mais parfois vous ressentez et devinez
bien des choses d’une personne.
Voilà l’avion de Mike.
Un T6 Harvard.
Vous ne connaissez rien à l’aviation et pourtant cette photo vous parle.
Sauf qu’aujourd’hui nous ne sommes pas en DVD ou au ciné.
Le premier vol d’un T6 remonte aux années 35...
Avion d’approche et de reconnaissance pendant la guerre, il servait aussi à guider les
bombardiers.
Les chasseurs avant de passer sur Mustang volaient en T6.
Nous sommes le 3 décembre 2009, le givre déposé sur les ailes après une nuit claire
finit de fondre, et cet avion vous attend.
Il y a comme un mélange d’incertitude, d’excitation et de calme à la fois.
Je me laisse guider.
Mike serait directif et inquiet de ma possible maladresse, je comprendrais tout à fait.
Mais non, pas descendu de la voiture qu’il m’installe au cockpit, me fait faire toute les
manip de la prévol.
Lorna fait tourner l’hélice à la main pour chasser l’huile qui stagne dans les cylindres
du bas puis je viens terminer car c’est un peu dur.
Quelle masse.
L’habitude de nos avions légers, c’est l’intérieur qui impressionne le plus.
Les commandes de vol ainsi que les instruments, pas moyen de louper
les boutons.
Alors qu’il discute avec Lorna, je ferme les yeux un instant.
D’où vient cette odeur?
Il y a celle des instruments, de composant électrique et de vieilles lampes.
Puis une autre mais là c’est pas si simple.
Ah si je me souviens.
Lorsque j’étais plus jeune, j’allais dans la Vallées des Bleus.
Là, il y avait les restes d’un avion et surtout d’un moteur semblable à celui de
ce T6.
Un moteur en étoile du Storch de Gérard Pic qui s’était écrasé en voulant repartir
sur son avion équipé de skis.
Combien d’heures à observer toutes ces pièces.
J’ai l’habitude de sentir tout ce que je prends dans mes mains.
J’avais trouvé un reniflard d’huile intact avec une forme très particulière.
Plus léger que du papier, une pièce d’art.
Ce reniflard est chez moi et sent la même odeur qu’aujourd’hui dans cet
avion.
Ce genre de détail et de sensibilité qui alimente vos passions.
Stupides, inutiles, tout ce que vous voudrez mais ce petit grain de folie qui vous
transporte des étangs bleus à l’autre bout du monde pour vérifier si cette folie
vaut la peine.
Ce qui surprend en revanche c’est la disposition, bien loin des normes ergonomiques
actuelles et l’on se surprend à chercher le vario 30 secondes...
Le trim une fois on l’a en main, on le garde !
Si c’est pas des souvenirs du Canada ça.
Pour la consommation, si l’on veut garder un peu de poésie dans ce récit, il
est préférable d’en parler un autre jour !
Bien entendu ce genre d’avion ne vole que pour de rares occasions, 11 novembre,
meeting ou bien sur pour un RH.
L’instrument de droite cerclé de blanc n’est pas dans tous les avions.
Il indique le nombre de G que vous subissez.
En gros plus vous êtes près de 0, plus vous avez le sourire...
Les graisseurs sur les palonniers une époque où tout était encore possible.
Mike dans sa combi de vol avec autant d’huile sur les manches
qu’après la vidange du C15.
Voici le démarrage, j’en vois déjà 3 ou 4 qui s’arrachent les yeux ...
http://www.youtube.com/watch?v=S2NfY23ABF8
Un roulage au milieu de Beech 18 et autres merveilles, le nez au vent,
tout est là:
http://www.youtube.com/watch?v=3GweSXQ0XeI
Forcément il pleut depuis un mois et demi, la seule journée de beau y’à un peu
panique au Mangin Palace.
Le contrôleur nous invite à un roulage bien trop long pour ce genre d’avion mais c’est
comme ça, le moteur est à peu près chaud au moins.
Faites vous le décor, c’est magnifique, vous allez voir la baie et le volcan tout en
neige.
http://www.youtube.com/watch?v=jgoVcZaj_I8
« Ok so, Patrick, now, you have control. »
Et me voici aux commandes du T6 dans un décors particulièrement diabolique.
Commandes très très douces, grâce aux compensateurs que l’on voit sur l’aileron.
Au sol c’est un peu Shangai comme tous les vieux avions train classique.
Les 600 chevaux qui ne demandent qu’à s’envoler font vibrer les aiguilles au
point fixe presque à ne plus les voir.
En l’air, c’est une toute autre histoire.
Une brave bête dans des mouvements parfaits.
Une certaine inertie comme plongé dans de l’huile, une certaine élégance et je dirais
même plus.
Quel bonheur, Mike regarde l’océan sans se soucier de moi comme le faisait André
sur Leucate, je m’applique à respecter la symétrie, des virages simples, juste se
dire qu’on est là, que l’Europe dort à cette heure ci, je fais des 8 au-dessus des USA,
Point Roberts.
Mike me fait un looping puis me dit « ok for a roll? «
Que voici :
http://www.youtube.com/watch?v=KkeCuvYFtHI
Le bonbon au caramel finit de fondre, doucement nous rentrons sur CZBB.
Boundary Bay marée basse qui fait penser à l’Islande sans hésitation.
Belle perspective.
Il ne neige jamais en hiver à Vancouver.Pas plus qu’à Perpignan.
De la pluie tout le temps.
L’atterrissage:
http://www.youtube.com/watch?v=rSCeH8R01qs
Le fameux B18 qui attend son heure.
Lorna va visiter non sans mal l’habitacle mais toujours cette bonne humeur.
Hop, la voici fière comme jamais, prête à partir en reconnaissance !!!
Ce sera pour une autre fois.
Je ne sais pas pourquoi sans me connaître cet homme a voulu me faire
voler.
Je ne dirais jamais assez merci à Lorna qui provoque toujours ce genre de
situation.
Cette matinée sera un repère de plus dans cette vie si lumineuse.
Un repère qui fait que vous ne confondez pas 2004, 1998 ou 2009.
« Oh tu as bonne mémoire dis-moi, comment te souviens-tu? «
Je n’ai pas bonne mémoire, simplement en 2009 j’ai volé en T6.
Dans 16 ans si je suis en vie, je saurais dire que Mickael Jackson est mort en 2009.
J’espère faire le con pendant longtemps encore car malgré les 2 mois que
je viens de passer, au final tout a bon goût.
Pour terminer, dans les membres du RH il y à un membre qui était pilote de cet avion.
Et bien d’autres encore.
Il n’est plus très jeune forcément mais pilote toujours et quand il vous remorque,
vous n’avez qu’à fermer les yeux dans votre planeur, il ne vous arrivera rien.
Quant le Carcanet monte fin septembre, on rentre les planeurs et cela se termine à la
cuisine du bâtiment devant un café ou un thé à la menthe.
Les récits de tout ce qu’il a vécu à cette époque valent bien plus d’un RH.
J’y suis très sensible à chaque fois et il ne s’est pas écoulé 5 minutes
ce matin sans que je n’y pense.
Cela a rendu la peinture des palonniers encore plus usée.
Vous avez vécu des choses que j’aurais bien aimé vivre aussi.
L’aventure n’a pas la même saveur aujourd’hui, on essaye de s’y tenir
près néanmoins.
Le 17 décembre à 22H25 j’arrive à Blagnac.
J’ai pensé à vous tous, je sais parfaitement qui va vibrer en voyant ces images,
si j’ai partagé un peu par ce récit tant mieux.
Lorsque le moteur a commencé à tourner ce matin, il y a eu tout de suite des
gens qui ont entouré l’avion, faisant des photos.
Je voyais dans leur regard combien ils voulaient être à ma place.
Sans doute à se dire que j’étais un copain très proche pour avoir cette chance.
Je ne savais pas quoi penser.
Alors je dis juste merci Mike.
Caresses et bise à l’oeil.
PATRACK.
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Patrack,
y'a pas à dire, tu sais y faire pour nous faire craquer, en mettant toujours une pointe de tendresse et de sentiment dans tes récits.
Emotions, belles images, chouettes films, tout y est!
Quelle belle récompense que ce vol pour tout ce labeur que tu as entrepris!
Et y'a pas de mystère tu sais, si tu connais Lorna, visiblement la bonté même, et que par elle tu as rencontré Mike et qu'il t'a offert ce pur plaisir, c toi qui les inspire!
Des gars comme toi qui rende belle la vie, y'en n'a pas des tonnes, surtout ne change pas, continue à nous faire rêver,
bises et merci
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hello Patrick,
j'ai lu et bien aimé votre dernier RH ainsi que les personnalités qui vous entourent, que vous rendez attachantes au travers de vos écrits
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Putain, c'est le clou du spectacle ce RH. Et le looping macarel.
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Super, texte et image très émouvante ; Mike et le t 6 a ne pas oublier
A bientôt de te voir
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rien ne vient d autre que la chanson d higelin "y a pas de mots" a la lecture de ton rh
"y a pas de mots y a pas...
plus doux ,plus fort,plus chaud que ton regard amoureux
y a pas de mots
pour dire tout c que je vois briller au fond de tes yeux
y a pas de mots pour etre heureux...
respect
@@@@@@