

Les Peyrisses.
Que vous évoque ce nom?
A quel mot ressemble t-il?
Péril, précieux, périlleux, périr, on ne sait pas et pourtant quelque chose sonne juste à l'oreille et lorsque l'on présente ce nom à qui ne le connaît pas,
il semble à lui seul répandre quelque chose de si mystérieux.
Les curieux feront une recherche avec un puissant moteur de recherche mais ils se retrouveront tous au même endroit, soulagés d'y être allés par Google et non à pied !
Car les Peyrisses restent bien gardés, par de hauts sommets et des crêtes bien aiguisées.
Ce lieu trés minéral, fût découvert au printemps 2007 en avion alors que je traînais par là bas.
Et depuis ce jour, l'image qui trotte dans la tête, les jambes qui tremblent à chaque fois qu'elles passent à coté des grosses chaussures en cuir dans l'entrée.
Le problème c'est que je suis pas le seul à laisser traîner mes chaussures de marche dans l'entrée.Et oui.
Depuis au moins 5 ans nous devions faire un repas, une sortie vélo, un trou dans la neige, mais, souffrant de la même maladie tous les deux, il fût assez compliqué de se croiser avant ce jour.
Laurent dit " le crapahuteur " ne vaut pas lourd lui non plus, il n'est pas au RH pour rien.
Aprés lui avoir envoyé une photo du lieu prise 2 jours avant en planeur, la casserole a débordé, c'était à prévoir aussi.

Le RDV est pris, et la date n'est pas flexible.
La météo non plus selon les prévisions mais bon.
Le matin, dans le doute, petit coup de fil.
" Laurent, c'est le Pat.Bon, on part léger, déconne pas!
-oui oui, nickel, duvet et voilà
-trés bien à tout"
A 14h, Fred nous conduit à Porté Puymorens en voiture, c'est de là que nous partons.
Mais là surprise, quand je sors les sacs du coffre, je sens comme une erreur de logistique.
Bien qu'issus du même pays d'origine, " partir léger " ne semble pas avoir le même sens au sein du même village et d'une rue à l'autre...
" J'ai accepté par erreur, ton invitation" comme dit la chanson.
Et merde.Je ne vois pas vraiment ce que je peux laisser dans la voiture vu la météo, non, vraiment je vois pas.
Alors en avant, pas le choix.
Rythme course dés les premières secondes, oui car Laurent fait des courses de montagne.
Discrètement je lui fais comprendre qu'on est pas à 5mn mais vu le ciel et l'heure, c'est à peine justifié comme propos.

Vu les trombes d'eau qui tombent là bas , le RH à l'arrache a toute les chances de finir avec un beau trophée.
Le peu de gens que nous croisons descendent pressés de rejoindre leur voiture et nous disent que le Lanoux est encore loin.
" ah non mais nous allons aux Peyrisses!" " ou ça ???"

Conscients de ce que nous allons prendre sur le casque, une ancienne galerie va servir de salon pendant un certain temps.
Je vais sans doute pouvoir justifier le poids de mon sac ou bien passer pour un fou...
" Tu connais le thé à la menthe???
-euh, le thé comment?
-ben comme au Maroc!
-ah non "

Lorsque je sors le bordel en inox et les verres en verre, le crapahuteur tente de relativiser quant à la gravité de la situation.

Même en haut du K2, l'heure du thé n'a qu'une seule face, et en aucune occasion il ne faut passer à coté.
Les membres du RH, peu à peu commencent à connaître ce thé et à y revenir, ce n'est pas Sabine qui va dire le contraire.
Si Laurent peut marcher moins vite aprés ça c'est pas mal mais je crains d'obtenir l'effet inverse vu les doses de sucre, Normes Iso Maroc oblige.



Une certitude, les couleurs et la lumière, par ce temps perturbé, ne vont pas être des plus banales.
L'appareil photo ne traîne jamais bien loin.
Lorsque nous arrivons au bout du lac, il faut prendre une décision.
La route est encore trés longue et surtout, pas un de nous deux ne connais le secteur au delà de l'étang Faury.
Bien que joueurs, nous connaissons les limites du terrain.Le ciel n'est pas sûr du tout et le brouillard tombe sur le col devant nous.
Il n'y à donc pas trop de choix, la cabane du berger ( au fond du jardin ) fera l'affaire pour la nuit, surtout que nous avions prévu de dormir dans la neige...

Moment de réflexion car il n'est que 18h, le bouc a les cornes et lolo a les crocs.
La soirée se fera tant bien que mal, sous un autre thème.

Réserves d'eau à la source.

Quelque chose qui ressemble fort à la vallée de Glencoe en Ecosse, pour ceux qui connaissent, sinon allez y voir c'est super.

Et l'avantage d'un orage violent en montagne c'est que si vous patientez dans une mine au lieu de courir à la voiture, par la suite vous êtes seuls.
C'est un peu ce que nous voulions aux Peyrisses mais à défaut, dégustons le ici, c'est si vert cette année, je reconnais à peine.
Lolo trouve des cailloux à grimper, tant mieux sinon il aurait mangé le sac à dos!



Passons à taple macarel.
Alors : un pick-up de paté, deux remorques de jambon, un 6x4 de pain, deux citernes de muscat, une semi remorque d'aioli, du lapin, melon, bref...
Vous imaginez que le repas a duré un certain temps, sachant qu'il était hors de question de laisser ne serait-ce qu'un gramme d'aioli.

Le papier du jambon double fonction, ici " Yannick luminaires " ...


Les bougies font partie des choses à ne pas oublier en montagne, sans quoi cette modeste cabane n'aurait pas tant de classe...

La nuit aprés un tel repas ne fût pas si simple.
Tout d'abord, nos duvets sont prévus pour dormir dehors dans la neige.
Et de plus je crains que l'aioli ait manigancé avec le muscat vers une heure du matin.

Nous avions dit 5h30, c'est tenu.

Ciel meilleur mais pas gagné.
Lors du repas nous avions décidé de changer nos plans, c'est donc une course de crêtes qui nous attend ce matin.

La petite cabane s'éloigne peu à peu alors que nous passons la Porteille de la Grave.

Les Peyrisses que nous laissons sont loin derrière encore.


En montée sur le Pic de la Grave.

C'est beau et gratuit.


Ne reste plus qu'à jouer avec le soleil, les formes. Laisser l'autre devant un peu loin histoire de donner une échelle au décors, et au ciel toute sa grandeur.


Trois couleurs tout au plus, deux jambes et l'homme dessine.
Passage étroit, la montagne tient le crayon et impose sa diagonale, un large dévers et nous reprenons la plume .

Prenez le sommet tout en haut à droite et suivez le" S " jusqu'à Lolo. L'artiste est passé par là il y à quelques millions d'années.


C'est précisément sous le brouillard, dans le cirque que nous devions aller.

La vallée de la Grave, toujours autant de sagesse, au fond le LLaret.

Et peu de place pour la végétation.


Ce lac, lui aussi découvert en avion, est un des derniers à dégeler dans le coin.


Passage par les Bleus, le brouillard file à vive allure, spectacle émouvant.
Nous n'allons pas traîner là en revanche.



Un petit coucou au Storch de Pic...

Puis la descente vers Campo par la coquille

Histoire de voir si Jean Brice sert toujours son incontournable assiette du randonneur!!!


Ainsi se termine ce RH, et les Peyrisses gardent tout entier leur mystère.
L'automne est long et une petite revanche n'est pas impossible.
Avant, nous avons une petite session au Rocblanc alors il faut voir.
Il se fait tard, un RH se termine toujours tard dans la nuit, c'est ce qui en fait la surprise au réveil de ses lecteurs....
Le Pat vous fais sa traditionnelle caresse et bise à l'oeil.
Ps: Le blog du CRAPAHUTEUR http://crapahuteur.over-blog.com/